S’implanter, c’est trouver sa place dans un écosystème local

S’implanter, c’est trouver sa place dans un écosystème local

L’année passée, Ronalpia a fait l’expérience d’accompagner l’entreprise BimBamJob dans son implantation à Grenoble en partenariat avec les institutions locales. Une expérience réussie qui démontre l’importance de bien comprendre les spécificités d’un territoire avant d’y proposer l’implantation de son entreprise sociale.

Depuis 2017, Ronalpia a déjà accompagné une quarantaine d’entreprises sociales qui avaient déjà fait leurs preuves dans différentes villes de France à venir s’implanter à Lyon. Son accompagnement consiste d’abord à aider à comprendre le territoire : quels sont ici les besoins non couverts ? qui sont les acteurs présents ? Ensuite, il s’agit de tisser un réseau, d’adapter ses activités et d’expérimenter ; enfin de pérenniser son activité et d’avoir le plus d’impact possible localement.

Comprendre l’écosystème

Créée en 2015 en Ile-de-France, BimBamJob promeut l’inclusion par l’emploi. En lien avec les besoins en recrutement des territoires, l’entreprise accompagne dans leur recherche les personnes éloignées de l’emploi. Afin de développer son impact social, elle propose aussi son logiciel à destination des professionnels de l’accompagnement social. Enfin, elle conseille les collectivités sur les méthodologies d’accompagnement et stratégies globales d’insertion. Voici deux ans, BimBamJob s’était implantée à Lyon, accompagnée par Ronalpia.

Violette Bailly

Coordinatrice pour la région, Violette Bailly se voit confier le développement local de la structure. « Après Lyon, je suis allée voir les départements limitrophes pour comprendre leurs enjeux et évaluer les besoins potentiels : Ain, Drôme, Loire… ». Ne connaissant pas la région de Grenoble, elle s’adresse alors à Julien de Leiris, le responsable local de Ronalpia pour l’Isère.

Essaimage n’est pas duplication

S’implanter oui, mais pas n’importe comment : « Nous ne voulions pas arriver en concurrence avec ce qui se fait déjà sur place, indique Violette Bailly. Nous avons cherché à comprendre l’écosystème, évaluer le besoin, et voir s’il était possible d’y répondre avec des partenaires. » Pour elle, cette réflexion doit démarrer avant même de répondre à l’appel à projets.

Ronalpia la met alors en relation avec Emmanuelle Bezal, chargée de mission ESS à Grenoble Alpes Méropole, et avec Morgane Le Doaré d’Invest in Grenoble Alpes. En juillet dernier, Violette Bailly a l’occasion de pitcher devant ces deux représentantes d’institutions locales. « Cela a été un moment très fort. J’ai pu rencontrer physiquement les personnes, et j’ai senti que j’avais en face de moi des gens qui cherchaient à m’aider. »

Une telle rencontre est aussi un atout pour les institutions : « Faire venir des entreprises sociales nous permet de répondre à des besoins non satisfaits, explique Emmanuelle Bezal. Il s’agit de construire un partenariat fort entre nous pour faire monter en visibilité ces initiatives. » Cependant, la collectivité est attentive à la cohérence de l’offre de son territoire : « Nous sommes en attente de projets qui ne feront pas doublon, et qui sauront s’adapter au territoire. Essaimage n’est pas duplication ! »

Des spécialités grenobloises

Violette Bailly a pu avoir une vision claire des besoins en matière d’accompagnement à l’emploi sur le bassin grenoblois. « Les premières mises en relation m’ont permis de mieux comprendre l’écosystème sur les secteurs de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire. Les partenaires locaux se sont montrés ouverts pour expérimenter de nouvelles solutions ! »

Mais Grenoble a d’autres spécificités : « Le monde de la technologie, celui des sciences sont très développés à Grenoble, rappelle Morgane Le Doaré. Certains porteurs de projets sont à cheval entre ESS et nouvelles technologies. L’un des intérêts de cette expérimentation est de créer et développer les liens entre ces deux mondes. » Une situation qui colle avec BimBamJob qui, outre un accompagnement humain, a recours à un algorithme et au big data pour relier les compétences des personnes éloignées de l’emploi au besoin des recruteurs.

Mises en relation

Une fois le besoin bien cerné, les partenaires institutionnels ont à leur tour ouvert leur carnet d’adresses. « Mettre des personnes en relation, c’est bien plus fort que juste donner un contact », apprécie Violette Bailly.

Ainsi, BimBamJob est directement entrée en contact avec Wizbii, une importante startup qui œuvre pour l’emploi des jeunes. Elle intègre désormais l’ensemble des offres nationales de son partenaire dans son logiciel. Une première mission d’accompagnement a également commencé avec le suivi de 10 apprenants de l’organisme de formation Simplon.

Durant ce mois d’octobre, Ronalpia recrute sa nouvelle promotion d’entreprises sociales souhaitant s’implanter dans le Rhône, l’Isère ou la Drôme.