Une belle soirée au bout du monde pour le lancement de l’incubateur du pays roannais

Une belle soirée au bout du monde pour le lancement de l’incubateur du pays roannais

Début juillet, l’écosystème de l’entrepreneuriat du nord Loire était réuni pour célébrer le lancement de Ronalpia dans le pays roannais.

Il faut prendre une petite route de campagne à travers le bocage vallonné de la Côte Roannaise, à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire, pour arriver à un hameau rebaptisé L’Impasse du Bout du Monde par Marius Dissat, un entrepreneur social créateur d’un lieu qui proposera une offre culturelle en milieu rural. Marius est l’un des six entrepreneurs sociaux de la première promotion d’entreprises sociales incubées par Ronalpia sur place au nord du département de la Loire, près de Roanne.

C’est dans ce lieu rustique, au décor provisoire choisi avec goût, qu’a eu lieu le 8 juillet 2021 le lancement officiel de l’incubateur du pays roannais, en présence de tout l’écosystème qui permettra à ces six projets de devenir réalité : accompagnateurs, collectivités, chefs d’entreprises, syndicat patronal, associations de développement économique…

La genèse d’un nouvel incubateur de projets de territoire en pays roannais

Les intercommunalités locales se sont penchées sur le berceau du nouvel incubateur : Roannais Agglo, Charlieu Belmont Communauté et le site de Proximité Aix-Urfé-Copler.

« Accompagner les entreprises, on sait faire, remarque Charles Labouré, président de la Communauté de communes du Pays d’Urfé. Mais pour les entreprises qui accompagnent les fragilités, on était dépourvus. C’est pourquoi rencontrer Ronalpia est une richesse et un outil. »

Après l’installation de Ronalpia à Saint-Etienne en 2017, c’est rapidement que le besoin s’était fait sentir. « Nous avons fait le constat dès 2018 que plusieurs porteurs de projet du nord du département de la Loire postulaient au programme d’incubation à Saint-Etienne, raconte Julie Perrin, responsable de Ronalpia dans la Loire. Les accompagner depuis Saint-Etienne ne nous semblait pas répondre aux enjeux et besoins de ces porteurs de projet, très ancrés dans leur territoire, à des stades d’avancement parfois différents. Nous avons donc commencé à rencontrer les acteurs implantés sur le pays roannais afin d’identifier d’éventuels besoins en matière d’accompagnement. »

Trouver des complémentarités sur le territoire du nord Loire

Tout a commencé par une rencontre avec l’association Pollens qui a ouvert plusieurs portes sur le territoire et permis de rencontrer des porteurs de projet afin de comprendre leurs besoins. Julie Perrin a alors contacté les collectivités afin de comprendre les enjeux et besoins de leurs territoires. Elle a également rencontré des partenaires opérationnels ayant une action à l’échelle départementale : France Active Loire, Initiative Loire, la CCI, Pôle Emploi, Talents Croisés, etc. « L’objectif était de mailler le territoire et trouver des complémentarités entre nos structures afin de faciliter le parcours du créateur d’entreprise », précise Julie Perrin.

Ayant ainsi rassemblé un écosystème pertinent, Ronalpia a pu obtenir le soutien des collectivités.

« Ensemble, nous allons accompagner les futurs entrepreneurs qui mettent du sens dans leur projet entrepreneurial social afin de construire des solutions pérennes ayant un impact positif sur nos territoires », s’enthousiasme Yves Nicolin, président de Roannais Agglo.


Eric Boël : un parrain engagé

Parrain de la promotion, Eric Boël, gérant des Tissages de Charlieu, a partagé sa vision de « l’entreprise libérée ».

« Un chèque à la fin du mois ne nourrit pas son homme. Il faut qu’on ait en-vie ! Il y a engagement si on a le sentiment d’accomplir une action qui nous dépasse et qui sert à quelque chose ! »

La nouvelle promotion

Pour bénéficier de l’accompagnement, les six intrépides nord-ligériens ont suivi un processus de sélection rigoureux. A l’issue d’un appel à projets qui s’est déroulé fin 2020, une sélection s’est opérée sur les dossiers des 16 entrepreneurs ayant répondu. Les projets ont été retenus en fonction de leur ancrage local, de l’impact social qu’ils pourront produire, de leur potentielle viabilité économique, ainsi que de l’intérêt pour eux d’être accompagnés au stade d’avancement de leur projet.

Aurélie Juif, responsable de l’antenne du pays roannais de Ronalpia, se félicite de la naissance de cette nouvelle promotion : « Notre partenariat avec les trois intercommunalités débute avec des projets variés qui ont en commun le fait d’être en prise directe avec notre territoire et ses besoins : handicap, solidarité, culture, lien social, économie circulaire… »   

Les intrépides de la promotion incubation pays roannais 2021

Simon Constans, Weko. « Quand on parle d’environnement, on n’y associe pas de prime abord le numérique, et pourtant il représente 4% des émissions des gaz à effets de serre et augmente de 9% par an. Weko propose d’organiser des conférences, des formations et créer des sites internet à faible impact énergétique, mettre à disposition des services en ligne (cloud) hébergés localement pour permettre aux Ligériens d’utiliser des outils qui respectent la vie privée. Installer des systèmes linux sur des ordinateurs pour éviter l’obsolescence programmée. Accompagner les entreprises pour une transition vers un numérique plus responsable. »

 

Laetitia Vallier, restaurant adapté. « Je souhaite créer un restaurant adapté dans lequel l’ensemble des postes de travail (cuisine et service) seront assurés par des personnes porteuses d’un handicap physique ou mental, afin de faciliter l’intégration de celles-ci dans le monde du travail. Il s’agira d’une restauration simple type auberge qui s’adressera à une clientèle variée. »

Déborah Crottier-Combe et Claire Lafaye, accueil d’enfants en situation de handicap. « Aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants autistes n’ont pas de solution pour leur prise en charge, par manque de place en IME, en école, en crèche, où le personnel n’est pas forcément formé au handicap. Des parents sont obligés de s’arrêter de travailler pour s’occuper de leurs enfants. Notre projet a pour d’accompagner 5 enfants et adolescents autistes de 3 à 14 ans en leur apportant un projet adapté avec une prise en charge individuelle et aussi des temps collectifs. »

Claire Pagni, Chez Ailes. « Réhabiliter une grande maison de village à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire pour offrir un lieu de vie sécurisé et apaisant aux femmes victimes de violences, avec des logements individuels et des espaces collectifs. Un accompagnement au quotidien sera assuré par une permanente vivant sur place. Des ateliers seront assurés par des professionnels : groupe de paroles, art thérapie, accompagnement à la parentalité. »

Marion Jolivet, Atelier 348. « Une personne achète 60% de vêtements en plus qu’il y a 15 ans et les conserve moitié moins longtemps. Or, moins de 1% de nos textiles sont recyclés. Environ 15% de la production est gaspillée rien qu’à l’étape de la coupe. Atelier 348 est un atelier de couture spécialisé dans la confection de vêtements et d’accessoires en revalorisant la matière vouée à être jetée par des acteurs du textile au niveau local. Un service de retouches sera aussi proposé pour les personnes qui souhaitent faire durer leurs vêtements plus longtemps. »

Marius Dissat, L’impasse du Bout du Monde. « Les petites communes rurales de France manquent souvent d’accès à la culture. Nous implantons un centre culturel et créons des événements type cinéma, expositions, concerts et festivals dans un hameau du village de Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire. Nous espérons aussi avoir un impact éducatif et pédagogique, grâce à un partage et un transfert de connaissances lors de nos workshops et autres sorties. Nous proposerons aussi un point de vente de quelques produits d’épicerie de première nécessité. La pluralité de notre univers permettra le mélange et le partage au sein de notre communauté. »