Les jeunes migrants, richesse
des monts du Lyonnais
Anaëlle Bissardon agit contre l’isolement des jeunes migrants en milieu rural. Dans les monts du Lyonnais, son association Lou novio jouen crée du lien grâce à l’art et à des réseaux de solidarité locale.
Dès son plus jeune âge, Anaëlle Bissardon a beaucoup voyagé, et ses voyages l’ont amenée à un constat : « Je n’ai jamais eu de soucis pour traverser les frontières, là où d’autres personnes ont énormément de difficultés. Cette injustice-là m’a très vite interpellée. »
Elle décide alors d’étudier les relations internationales à l’université. « Vu la façon dont les médias traitaient le sujet, je voyais bien qu’il y avait un décalage avec la réalité. Donc je suis partie travailler en Grèce dans une association de soutien aux réfugiés. Là, les jeunes me demandaient des conseils pour s’installer à Athènes. Mais j’étais comme eux, je connaissais mal la ville. »


Anaëlle décide donc de continuer à agir sur un territoire qu’elle maîtrise sur le bout des doigts, les monts du Lyonnais. Dans ce territoire rural, les situations d’isolement social sont d’autant plus marquées que la population est moins dense, que la mobilité est compliquée sans voiture, et que les 20-30 ans désertent souvent le territoire pour l’agglomération lyonnaise…
Elle crée Lou novio jouen, une association qui propose des espaces de rencontre, d’échange et de création entre des jeunes étrangers isolés arrivés récemment et des habitants de ce territoire rural : médiation artistique, vidéo, podcasts, peinture… Autant de moyens de casser les barrières.
Elle propose aussi des « binômages » sous forme de rendez-vous entre un local et un jeune pour partager des apprentissages et des activités.


« L’idée, c’est de créer des réseaux de solidarité autour ce ces jeunes. La protection de l’enfance les protège jusqu’à 18 ans, voire 21 ans. Mais à cet âge, on a encore besoin de soutien. Moi, j’ai beaucoup été aidée par mes parents. Comme eux n’ont pas de solidarité familiale, l’association leur propose des solidarités amicales de proximité. »

Avec Ronalpia, une longue histoire d'accompagnement
Il y a cinq ans, nous avons accompagné Anaëlle dans la création de son association. « Quand j’ai été retenue pour être accompagnée, ça a été comme le pied dans la porte : j’étais obligée d’aller au bout du projet. »
Au fil de son développement, Anaëlle a suivi plusieurs de nos parcours : accès aux financements, changement d’échelle, implantation. « S’il n’y avait pas eu Ronalpia, je pense que j’aurais arrêté. Vous nous apportez un cadre pour la réflexion, chose qu’on ne prend pas le temps de faire quand on est dans le vif des activités. Créer une association, ça veut dire toucher à tous les sujets : développer des activités, certes, mais aussi demander des financements, gérer la compta et la gouvernance, etc. Ronalpia propose vraiment une panoplie de formations pour gérer ces sujets-là. »
