Ecomouv : du vélo-objet au vélo-service

Vendre le service plutôt que l’objet : c’est le pari de l’économie de la fonctionnalité. L’entreprise Ecomouv, accompagnée par Les Boucles en 2025, est passée d’un atelier vélos à une offre globale d’usage, d’entretien et d’animation au service des collectivités. Récit d’un pivot stratégique réussi.

L’économie circulaire ne consiste pas qu’à réutiliser des déchets. Pour préserver les ressources, elle peut aussi se concentrer sur la fonctionnalité plutôt que sur la propriété.  En clair, plutôt que de vendre des objets neufs qui serviront un temps limité, on vend juste l’usage d’un bien qu’on rend le plus durable possible.

C’est le choix de Laurent Chaffaux et François Zanette, fondateurs d’Ecomouv en 2023. « Notre objectif, c’était de gommer les freins à la pratique du vélo : le fait de devoir posséder un vélo, le fait de devoir l’entretenir, le fait d’être capable de se remettre en selle… », énumère François.

L’effervescence du vélo

L’entreprise a commencé en fusionnant deux activités d’animation et de réparation de vélo, tout en proposant des vélos à la vente. « Nous avons créé Ecomouv à un moment post-covid où beaucoup de chamboulements s’opéraient autour du vélo. Nous avons voulu être un couteau suisse pour aider les organisations à transformer l’essai. »

Cependant, difficile de trouver un modèle économique avec ces activités dans un contexte compliqué. « Nous nous sommes rendu compte qu’en vendant des vélos, nous étions un intermédiaire de plus, se souvient François. Nous nous sommes donc recentrés sur le service. »

Des flottes de vélos pour les territoires

Les deux co-fondateurs choisissent alors de développer des dispositifs de location de vélos longue durée tout en proposant des animations pour sensibiliser à l’évolution des pratiques. Ecomouv a ainsi remporté des marchés publics de plusieurs communautés de communes situées à l’est de Lyon. Ils entretiennent des flottes de solides vélos nommés « Tico » dans la Côtière de l’Ain, « Ça Roule » dans les Balcons du Dauphiné…

Afin de faire prendre la mayonnaise, l’entreprise encadre des groupes, propose des essais de vélos, des cours pour apprendre à rouler sur la voie publique, des rendez-vous festifs… Des services sont aussi proposés aux entreprises.

« On se rémunère sur l’entretien, la gestion du dispositif, la relation clients, l’animation pour promouvoir l’offre de location… Car pour changer les pratiques, il faut créer une dynamique ! » De cette manière, la société parvient à se constituer un fonds de trésorerie qui lui permet à la fois d’assurer sa mission sociale et de construire son développement.

Ainsi, Ecomouv envisage désormais des projets socialement ambitieux. Avec Passerelle, entreprise sociale de la communauté Ronalpia, elle veut proposer des parcours physiques et théoriques pour jeunes retraités et des vélos-taxis dans des résidences seniors. Challenges mobilité, « scool-bus », « recyclette »… Les idées fusent dans l’entreprise. Peu importe à qui appartient le vélo, pourvu qu’il roule et qu’il fasse bouger les lignes !