Lou-Isadora Anaya : « Coopérer avec d’autres porteurs de projets m’a donné beaucoup de force »

Lou-Isadora Anaya : « Coopérer avec d’autres porteurs de projets m’a donné beaucoup de force »
Lou Isadora Anaya - La Lucarne d'Ariane

La Lucarne d’Ariane propose d’utiliser les métiers de la culture et du spectacle pour faciliter la réinsertion des personnes sortant de prison.

Et si le spectacle et la culture pouvaient être des outils de réinsertion pour les ancien.nes détenu.es ? C’est le pari de Lou-Isadora Anaya, fondatrice de La Lucarne d’Ariane. Encore jeune fonctionnaire, elle se lance dès 2018 avec une conviction : « L’épanouissement professionnel est la meilleure manière de transmettre aux personnes l’envie de réussir leur parcours de réinsertion. » Pour elle, cet épanouissement passe par la socialisation, ce que peut procurer le monde du spectacle et de la culture. « C’est là un monde qui apporte à la fois une ouverture d’esprit et des rencontres que les personnes qui ont vécu une condamnation pénale n’auraient pas pu faire autrement.« 

Stabiliser et professionnaliser

Lou Isadora Anaya - La Lucarne d'Ariane
 

C’est pourquoi la Lucarne d’Ariane propose un parcours de six mois à deux ans, avec un suivi psycho-social à la stabilisation de la vie, un accompagnement à l’insertion et au retour à l’employabilité ainsi qu’une formation aux métiers de la culture et du spectacle vivant. Jusqu’à maintenant, 14 personnes auront ainsi été accompagnées.

En 2020, quand elle a démarré la première session du programme Act’ice, Lou-Isadora Anaya avait déjà créé son projet et réfléchi à son modèle économique depuis deux ans. « J’avais besoin de le stabiliser et de le professionnaliser« , explique-t-elle. 

Pérenniser

À la fin de son accompagnement, elle a pu décrocher une première subvention et créer son propre poste salarié. Aujourd’hui, son association bénéficie du statut de chantier d’insertion et s’apprête à recruter une autre personne. Elle a pu pérenniser les emplois créés en insertion.

« Le plus important pour moi a été de rencontrer d’autres porteurs de projet, estime-t-elle. Créer un projet dans le champ de la justice peut donner lieu à de grands moments de solitude. Coopérer en bonne intelligence avec des personnes qui ont les mêmes difficultés et les mêmes valeurs m’a donné beaucoup de force. »