Programme Accès aux financements : rechercher des fonds, ça ne s’improvise pas !

Cette année encore, des entreprises vont bénéficier d’un accompagnement afin de définir un plan d’action et de rencontrer des financeurs. De quoi construire une relation durable, basée sur des intérêts mutuels bien compris.

Ronalpia vient de lancer l’appel à projets 2021 de son programme Accès aux financements. Cet accompagnement s’adresse aux entreprises sociales ayant un modèle déjà bien défini qui souhaitent questionner leur projet et leur modèle économique pour aller chercher de nouveaux financements. Pour cela, elles visent les banques, fonds à impact, mécènes, business angels, fondations, collectivités, etc. Cela permettra à une vingtaine d’entre elles de franchir un cap : créer une nouvelle activité, augmenter son impact, aller vers de nouveaux territoires…

Le programme se divise en deux parcours différents, adaptés à deux cas de figure : levée de fonds pour les sociétés commerciales d’utilité sociale, et mécénat pour les associations. Durant quatre mois d’accompagnement individuel et collectif, elles apprennent à mieux connaître les attentes des financeurs, à cadrer leurs besoins financiers, à mettre au point une stratégie, à affiner leur discours… La période se termine par un événement de présentation où elles seront mises en relation avec des financeurs.

Définir son projet pour aborder les financeurs

Carine Bonnal a suivi le programme en 2020. Son association Dahlir accompagne des personnes en situation de handicap, de précarité sociale ou atteintes de maladies chroniques vers la pratique de loisirs, de sport, de culture… « Historiquement, 80 % de nos subventions sont issues du secteur public : Caisse d’allocations familiales, Etat… Cela a ses limites, car les entités institutionnelles attendent des preuves. Pour financer l’investissement, l’essaimage, ou pour mener des projets expérimentaux avec de nouveaux publics, on a besoin de partenaires privés. Ensuite, on peut envisager des co-financements. »

L’association altiligérienne souhaitait développer de nouvelles activités sur un nouveau territoire, l’agglomération lyonnaise. « Notre problème était que nous n’avions pas de connaissances ni d’outils pour mettre en place cette stratégie, constate Carine Bonnal.Le paysage privé, c’était une autre planète par rapport à nous, et Lyon est un nouveau territoire ! »

A l’issue de l’accompagnement, Dahlir s’était doté d’outils opérationnels pour bien savoir présenter son dossier avec un argumentaire adapté aux financeurs privés : outils de présentation, mail de synthèse, triptyque vision-mission-valeurs, posture adaptée… « On n’y va plus de façon artisanale : nous sommes maintenant outillés et dotés d’une stratégie », remarque Carine Bonnal.

Ouvrir des portes aux entreprises sociales

En juin, l’événement de présentation a porté ses fruits pour Dahlir qui a fait la rencontre « d’entreprises et fondations sensibles à ces questions d’inclusion. On ne s’attendait pas forcément à ce que ça ouvre autant de portes ! » En effet, la rencontre avec un financeur n’a pas que des effets sonnants et trébuchants. Elle peut avoir des bénéfices qualitatifs pour chacune des parties.

« Les acteurs du secteur privé ont une sensibilité que nous n’avons pas forcément,constate Carine Bonnal. AG2R va pouvoir nous partager ses réflexions quant aux enjeux de la pratique d’activité physique sur la santé et l’autonomie. Quant à la Fondation Saint-Irénée, elle nous a mis en contact avec des structures qui accompagnent le public réfugié. »

Des intérêts mutuels

De manière plus surprenante, du côté des financeurs aussi le programme fait ressentir ses bénéfices. Pour Roxane Bérard, de la Fondation Saint-Irénée, « Ronalpia nous permet de faire le lien avec le tissu associatif pour sortir de notre sphère habituelle de soutien. C’est un tremplin pour nous ouvrir à de nouvelles associations situées en dehors de notre réseau. »

L’événement de présentation lui a permis de rencontrer en une seule fois des projets qui intervenaient dans de nombreux secteurs d’activité. « A chacun sa sensibilité, souligne Roxane Bérard. Nous sommes particulièrement sensibles aux projets solidaires, mais d’autres fondations ont été davantage touchées par des associations écologiques : il y en a pour tous les goûts ! »